Conférence Kaizen : « Zéro Déchet, pourquoi pas vous ? »

Le magazine Kaizen, en partenariat avec la mairie du 9ème arrondissement de Paris, a organisé, le 5 octobre 2017, une conférence intitulée « Zéro Déchet, pourquoi pas vous ? » dont nous vous rapportons quelques propos.

Les intervenants de la table ronde étaient tous favorables à la cause et impliqués professionnellement (et personnellement) dans la démarche. Pierre Galio (chef du service Consommation et Prévention de l’ADEME) a présenté la position de l’État, le chef du restaurant l’Epi Dupin, François Pasteau, représentait le secteur privé et Flore Berlingen, Directrice de l’ONG Zero Waste France, incarnait la société civile.

Les débats, sous forme de table ronde, étaient à la fois constructifs et instructifs.

Voici quelques éléments issus de ces échanges qui méritent d’être consignés et/ou rappelés.

Auscultation de la poubelle moyenne

Poubelle4

Généralement une poubelle peut être divisée en 3 parts égales :

  • Un tiers de biodéchets qui, pour ne plus se trouver dans le bac du ramassage, peut rejoindre un compost individuel ou collectif ;
  • Un tiers de déchets recyclables qui, grâce au tri, rejoint un circuit spécifique. Il s’agit généralement des emballages. Rappelons que le tri est un palliatif. Le recyclage n’est pas infini, par exemple le papier peut être réutilisé seulement 4 à 5 fois ;
  • Un tiers de vrais déchets… on entre dans le vif du sujet ! Pour éviter ces déchets, généralement du plastique, il faut s’investir un minimum pour un résultat remarquable. Le fait-maison apporte en effet des réponses efficaces pour réduire cette part de poubelle.

Enjeux économiques

D’un point de vue fiscal, il faut rappeler que si nous ne payons pas directement l’enlèvement des déchets, nous finançons leur ramassage via les impôts locaux. En effet, nous sommes redevables de la taxe (ou redevance) d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM ou REOM). Nous avons donc collectivement intérêt à ce que la quantité de déchets diminue.

Néanmoins, il est nécessaire que les usines d’incinération existantes soient suffisamment alimentées en déchets, sans quoi, le coût de traitement à la tonne augmente (les coûts fixes étant importants). Par syllogisme, il est donc indispensable que le nombre d’incinérateurs n’augmente pas pour que la réduction des déchets ait un impact positif sur nos bourses de contribuables.

Du côté des entrepreneurs, l’investissement dans le Zéro Déchet a un coût. Rappelons que le ramassage collectif des biodéchets reste l’exception dans la plupart des communes. Le chef Pasteau utilise les produits de son restaurant au maximum dans un but écologique. Il se fait d’ailleurs force de transmettre ses valeurs à ses clients. Pour que le cycle soit fermé, les résidus organiques du restaurant sont ramassés par une entreprise spécialisée. Pour mettre en œuvre ses convictions, il débourse une somme conséquente : non seulement il paie plus de 350€ par an pour la taxe d’enlèvement des ordures, mais en plus il règle des factures mensuelles de plus de 450€ pour le ramassage de ses biodéchets. Ceci lui permet d’atteindre une quantité de déchets résiduels très réduite. Il est souhaitable que d’autres acteurs le rejoignent ce précurseur solitaire afin de réduire ces coûts.

Autre approche proposée afin de sortir d’une logique de croissance par le développement de la production : l’économie de la fonctionnalité. Il s’agit de trouver un modèle de rémunération par le service, la plus-value qu’un professionnel peut apporter à un client, voire l’immatériel. Pour développer une telle vision, il conviendra de trouver de nouveaux indicateurs. Le Produit Intérieur Brut ne correspond plus aux enjeux actuels !

Kaisen-Table ronde

Enjeux citoyens

A présent, il est essentiel que chacun d’entre nous ait conscience que la moindre petite action menée a une portée, qu’elle soit sociale, économique, écologique, voire même politique.

Comme l’ont rappelé les intervenants : « En faisant parvenir nos sujets de préoccupation aux acteurs économiques, nous les rendons importants. Si un sujet apparait 7 fois, il est traité. Nous sommes collectivement un groupe d’influence. »

« Nous sommes tous des médias » et donc à même de diffuser les enjeux bénéfiques du mode de vie Zéro Déchet.

« Nous sommes tous des hyperacteurs grâce à notre Carte Bleue ».

Demandons des objets réparables, demandons des contenants consignés, exigeons des produits éco-responsables et continuons à encourager le recyclage qui reste un très bon geste.

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